147 points comportant des indices archéologiques dont une dizaine présentant des traces probables d’anciens habitats. C’est le résultat de la première phase de prospection d’une équipe de recherche d’archéologie du laboratoire d’archéologie histoire des arts et des techniques (LAHAT) de l’université Joseph Ki-Zerbo, conduite par l’enseignant-chercheur Lassina Simporé. Présente depuis quelques semaines sur le site du musée national du Burkina Faso, dans le but de réaliser une cartographie des indices archéologiques, l’équipe de chercheurs a reçu la visite du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingwendé Gilbert Ouedraogo, le 23 septembre 2025. Rappelant que la mission de son département et de protéger et de valoriser le patrimoine culturel, en conformité avec la loi n°22-2023/ALT du 08 août 2023 portant protection, sauvegarde et valorisation du patrimoine culturel et les conventions ratifiées par le Burkina Faso, le ministre a, par la suite salué l’engament et le professionnalisme des chercheurs. Le responsable du LAHAT, Lassina Simporé et chef de l’équipe de fouilles a expliqué les méthodes mises en œuvre ainsi que des objectifs poursuivis. « Ces fouilles précèdent des aménagements futurs et visent à identifier, à protéger et à documenter les vestiges archéologiques susceptibles d’y être découverts, afin d’éviter leur destruction et de les valoriser au profit de la mémoire collective et de la recherche scientifique » a indiqué l’enseignant-chercheur. En outre, ce dernier a révélé que les archéologues ont réalisé un diagnostic à travers des tranchées sur une surface délimitée au préalable. Et, « ce diagnostic a permis d’identifier une ancienne zone d’occupation urbaine qui a fait l’objet de fouilles plus étendues », a expliqué Lassina Simporé. Avant d’ajouter que ces recherches ont abouti à la découverte de plusieurs vestiges archéologiques enfouis, telle qu’une ancienne architecture présentant un sol aménagé (sol damé), une structure circulaire en terre cuite (dont la fonction n’est pas encore connue) contenant du mobilier domestique à savoir du charbon de bois, un anneau métallique, des ossements, des fragments de poteries et des cauris. « Le charbon de bois sera soumis à la datation au carbone 14 pour connaitre la période exacte d’occupation du site », a précisé M. Simporé. Aussi, il a laissé entendre que cette opération permettra dans un premier temps de sauvegarder un pan important du patrimoine matériel et d’alimenter dans un second temps, les bases de données scientifiques sur l’histoire et les civilisations qui ont marqué le territoire actuel du Burkina Faso. « La préservation du patrimoine est un devoir envers les générations futures et votre travail contribue à renforcer la mémoire historique et à nourrir l’identité culturelle de notre pays », a souligné le ministre Gilbert Ouedraogo. Il a rassuré l’équipe présente de l’accompagnement du gouvernement à de telle initiative scientifique car, « elle renforce la place du patrimoine culturel comme levier de développement durable et de cohésion sociale », a-t-il soutenu.


M’Tinda Béogo
