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Un peu plus de huit mois après le clap de tournage, la mythique salle de l’ex Canal Olympia de Ouaga 2000 a fait salle comble à l’occasion de l’avant-première de la 2e saison de la série « Bienvenue à kikideni », dans la soirée du jeudi 12 février 2026 à Ouagadougou. Cette 2e saison fait 26 heures de programmes composées de 60 épisodes concoctés par des scénarios de 1700 pages.« C’est osé mais nous tenons le pari de la réalisation de ces 60 épisodes », a indiqué la réalisatrice Aminata Diallo Glez, plus connue sous l’appellation Kadi jolie. Avant de préciser que 49 sont actuellement tournés parmi lesquels 30 sont montés, étalonnés, mixés et prêts à être diffusés. « Une diffusion qui commence en toute exclusivité le dimanche 15 février 2026, à partir de 19h sur Canal + Magic sur la formule évasion », a informé la responsable communication, Rabiatou Sawadogo de Canal+, coproducteur de la série.

L’esprit de kikidéni selon sa réalisatrice kadi jolie, reste le même, celui de la promotion de la cohésion sociale et du vivre ensemble 

Sans déroger à la règle cette avant-première donne un avant-goût de cette saison qui dégage des aspects plaisants et insolites de la réalité avec un certain détachement. En effet, l’aventure continue avec la tête d’affiche de la première, au grand plaisir des téléspectateurs et dans la dynamique des scénarios hilarants, saupoudrés de ces unités de base à caractère duelliste, d’opposition d’opinions naturellement  entre « ladji », le « prêtre », « Kouka », « Tenin » et sans oublier l’institutrice « Leaticia ». Cette 2e saison, sans fiction aucune, à travers ses angle de vue nous professe que la vie de cette petite communauté « kikidenoise », pose en toute évidence, avec acuité et sans animosité des faits de société, des vécus quotidiens de burkinabè et à ses points sensibles, tels l’inter-religion et les pesanteurs sociaux. Les séquences qui nous ont été permis de voir révèlent qu’une révolution à « patte de velours » semble vouloir s’installer à Kikidéni et même au-delà, dans la commune de Kikidougou. Avec subtilité, cette « révolution » envoie des piques à la fierté des hommes et interrogent sur le goût de l’émancipation des femmes. On note que « Kouka », le chef du village, devient un kikidenois ordinaire (il lui faut acheter la calebassée de dolo), car sa chefferie est tombée en déchéance. Ironie du sort, la 1re épouse de Ladji, Ténin, est couronnée cheffe du village. Cette dernière se fait assistée de deux femmes. Dont une ministre de la parole qui n’est d’autre que sa coépouse Marie. Et d’une conseillère politique en la personne de l’institutrice Leaticia. Cette dernière deviendra maire par la suite et entend user de son pouvoir pour défendre la cause de la femme. Usant du nouveau rôle de son épouse, « ladji » se proclame 1er homme de Kikideni et personne chargée de la promotion des œuvres caritatives. Mais, l’intrigue ne s’arrête pas à là. Des chaudes journées et des nuits d’appréhension s’annoncent avec des histoires improbables que révèle le féticheur à l’aide de son cor plongé dans un canari libérant de la fumée. A travers ces révélations insolites, ce conflit religieux en passant par l’émergence des féministes, tous les ingrédients semblent être réunis afin de concocter un cocktail molotov, mais…

promouvoir le cinéma africain en particulier celui burkinabè

Bintou Diallo espère que le message véhiculé par cette série touchera les cœurs des uns et des autres afin que nous nous acceptions tels que nous sommes.

A l’issue de la projection, Bintou Diallo, cinéphile, laisse entendre qu’elle a admiré la force et la subtilité avec lesquelles les sujets qui fâchent au Burkina Faso ont été traités sans pour autant fâcher. « J’espère que cela touchera les cœurs des citoyens afin que nous comprenions que qui que nous soyons, musulman, chrétien ou traditionnaliste, nous sommes la synthèse de tout cela et il faut tout simplement nous accepter tels que nous sommes  », a-t-elle soutenu. Abordant l’aspect de la production et la qualité de l’œuvre, la réalisatrice Apolline Traoré reconnait l‘énorme travail qui a été abattu et salue la résilience du groupe. « Nous avons besoin de contenue de ce genre pour les télévisions et aussi pour être compétitif au niveau international », a-t-elle confié. Avant de féliciter, et d’encourager toute l’équipe. Cette dernière en a beaucoup besoin afin de procéder au clap de fin de cette saison par la réalisation des 11 épisodes restants. « J’ai fort espoir que nous allons boucler le tournage grâce à l’atmosphère bon enfant et à l’esprit de famille qui règne sur le plateau ; mais aussi grâce au soutien des uns et des autres et à la fidélité de l’engagement du coproducteur, Canal+ », a noté Kadi jolie. La responsable communication de rassurer de l’effectivité et de la pérennisation du partenariat de Canal+ avec jovial production pour la production de cette 2e saison.Pour elle,ce partenariat répond à l’une des cardinales missions qui est de promouvoir le cinéma africain en particulier celui burkinabè par l’accompagnement et la visibilité des talents.

                                                                                        José Marie