Portée sur les fonts baptismaux en 1983, sous les premières heures de la révolution, la Semaine nationale de la culture (SNC) témoigne de la volonté de l’Etat burkinabè à placer la culture au centre des enjeux du développement. Cette rencontre culturelle a révélé de nombreux talents artistiques, contribuant ainsi au rayonnement du Burkina Faso. A côté des manifestations culturelles, de nombreuses réflexions à travers les thèmes des différentes ont contribué à la promotion d’une identité culturelle africaine et la valorisation de valeurs fondamentales. Ainsi, si l’on part du postulat du professeur Cheikh Anta Diop qui affirme l’unité culturelle de l’Afrique noire tout en précisant que « la culture négro-africaine a donné au monde entier un exemple d’extraordinaire vitalité et vigueur tout en ajoutant que « toutes les conceptions vitalistes, religieuses comme philosophiques sont sorties de cette source « il apparaît difficile ou à tout le moins problématique de parler de diversité culturelle dans nos États-Nations en construction. A notre sens, il conviendrait de parler d’expression plurielle d’une même « matrice « culturelle, ce qui aurait l’avantage de mieux baliser la route de l’unité nationale et plus tard de l’unité africaine. Héritiers d’espaces géographiques arbitrairement tracés par le colonisateur, lesquels ont écartelés les nations préalablement créées par nos ancêtres, nos États ont vu leur tâche de construction nationale compliquée par l’ethnicisme et le régionalisme que ce même colonisateur a introduit dans les esprits. Conséquence, les guerres ethno-géographiques n’ont eu de cesse de déchirer le continent reléguant au second plan les tâches de développement. Soixante ans après les indépendances, l’Afrique reste le seul continent à n’avoir pas réussi sa révolution culturelle, ce qui il faut en convenir est très néfaste pour son avenir, si tant est que si l’on ne sait pas d’où on vient, on ne saurait nullement où l’on va. C’est dire que le thème de cette semaine nationale de la culture doit être le prétexte d’une profonde introspection, loin des sentiers battus et des vieux clichés pour débattre de notre substrat culturel en interrogeant notre histoire sous toutes ces facettes. Autrement elle offrirait l’occasion d’un nième jamboree sans queue ni tête, ce qui serait désolant compte tenu du contexte sociopolitique actuel. Il nous faut donc ressusciter de façon saisissante et scientifique notre histoire pour poser les jalons d’un avenir meilleur pour les générations futures.
Aboubacar SY
