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Danse du terroir moaga, elle assimile vigueur, habilité et endurance. Elle est aussi apparentée au mystique, mais elle reste une danse traditionnelle jouée lors des funérailles que des moments de réjouissance. Le warba reste une marque de la province du Ganzourgou à l’habillement atypique danseur aussi bien que les instruments de musique.

En effet, le torche couvert de tricot ouvert en coton teinté selon une couleur de convenance, d’où pendent çà et là de gris-gris et des amulettes. Aux reins, une ceinture de fibres aussi teintées et solidement nouée, sans oublier la queue d’un ruminant pendant à la poignée. La coiffée en crête ornée de cauris, de dessins et de miroir acquiesçant au-dessus du collier paré de cauris. Des tambours rythmant le roulement de rein qui fait dresser la ceinture de fibres. Et les pas sonores des chevilles « décorées » de grelots suivant la cadence des castagnettes et autres clochettes en main.

une mise en scène de danseuses et danseur de warba dans le musée de warba de Zorgho

Cette cadence bercée par le bendré est  entrecoupée par moment du « toutourou » ou le son du cor (parolier) rimé par le jeu des castagnettes. C’est le warba. Une danse traditionnelle jouée dans 12 provinces du Burkina, particulièrement dans le plateau mossi. « Cette danse a 2 composantes, que sont la musique et la danse », a indiqué Damiba. Selon lui, l’utilisation des instruments et le rythme font dégager 3 variantes du warba sur le plateau moaga. « En plus du rythme assez lent et l’utilisation du cor comme instrument principal qui distingue le warba du Ganzourgou, les autres localités utilisent des flûtes avec des rythmes plus ou moins rapides », a précisé Damiba.

Danser aussi bien par les femmes que par les hommes, le warba à l’image de bien de danses traditionnelles, est joué lors des cérémonies de réjouissance et de funérailles. Selon Birwiougou, l’émérite jouait de cor et fondateur de la troupe warba de Mogtedo, le warba est né au cours des funérailles avec des instruments de fortune. Pour ainsi rendre le son mélodieux et le rythme bien cadencé des instruments ont été ajoutés. Pour lui le mystique n’est pas à dissocier de la danse du warba.

une vue des instruments de musique du warba

« Le cor que j’utilise a été l’objet d’un processus d’un rite et de sacrifices et il en est de même des autres instruments, des joueurs et des danseurs », a révélé Birwiougou. Un fait reconnu par Emile Kaboré, le gestionnaire du musée de warba de Zorgho. Pour toute personne au Ganzourgou peut danser le warba. Cependant, il souligne des particularités à savoir l’existence de la troupe féminine à  Tensogoondo et de la famille de danseurs à Tiibin. « C’est d’ailleurs de cette localité qu’est issus les emblématiques danseurs qui ont fait la fierté de la province tels que Segmando, Warba naaba et MBa Bangba », a expliqué Joseph. 

« Le cor que j’utilise a été l’objet d’un processus d’un rite et de sacrifices et il en est de même des autres instruments, des joueurs et des danseurs », a révélé Birwiougou.

Aussi, dans le but de faire émerger des icônes de cette danse traditionnelle, l’Association génération montante pour le développement du Ganzourgou a initié le festival de warba de Zorgho qui met en concurrence les 12 provinces. C’est pour nous, d’après Joseph, une occasion de contribuer à la valorisation du warba et d’assurer la relève. C’est ainsi que dans le but de tenir cette mission l’association a créé en 2008, le musée de warba de Zorgho. « Cet instrument culturel, participe à la familiarisation avec les instruments de musique et le vestiaire du warba », a confié Emile. A l’image de ce musée, les danses traditionnelles à travers le Burkina devraient avoir un musée qui participe à la valorisation de la danse et à une promotion culturelle évidente.

                                                                                         M’Tinda Beogo