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Artiste peintre Bobolais, il a la silhouette élancée, le regard empreint de sourire et sa timidité cache le talent inné qui l’habite. Lauréat en peinture lors de la dernière édition de la Semaine nationale de la culture (SNC Bobo 2023), il s’inspire de faits culturels et traditionnels. Ouedraogo Yaya, alias Yayus puisque c’est de lui qu’il s’agit, utilise des pigments de son environnement pour ses créations.

Lauréat en catégorie peinture de la 20ième édition de la Semaine nationale de la culture Bobo 2023, avec une œuvre traitant de l’incivisme, il décroche aussi le prix spécial Canal plus Burkina et celui de l’Office national de la sécurité routière (ONASER). « Avoir eu ces 3 distinctions en même temps me réjouissent, j’ai peint sur l’incivisme routier qui est un fléau qui tape à plein fouet la jeunesse du pays ce qui est dommage pour son développement », a confié l’artiste peintre Ouedraogo Yaya alias Yayus. Il a été à de nombreuses occasions primé et honoré à travers ses productions artistiques. Aussi en 2017, à l’occasion du marché des arts, il verra une de ses œuvres acheté par le couple présidentiel d’alors. La peinture est un don pour lui. En effet, né le 2 janvier 1973, à Yamoussokro, en République de Côte d’Ivoire, il va vite démontrer ses talents de dessinateurs à l’école primaire, où il sera distingué meilleur dessinateur lors des concours scolaires. « Je n’ai pas été dans une école de formation mais j’étais curieux et je côtoyais dès mon bas âge les doyens en la matière», relate Yayus. Rentré entre temps au Burkina et notamment à Bobo-Dioullasso, Ouedraogo Yaya, quitte les bancs à sa classe de première le lycée et se lance dans la peinture en 1999. Dès lors, « je me suis fixé comme objectif de devenir un artiste peintre car je sentais que je l’avais en moi », lance-t-il. Lentement mais sûrement, son nom va immerger dans l’univers de la peinture à travers l’originalité de son style. En effet, « l’histoire commence en 2013 lors d’une exposition commune à l’institut français de ladite ville, où mes œuvres ont été qualifiées d’originale et ont suscités de l’engouement », aconfié l’artiste. Ce qui lui a valu une exposition personnelle. A la faveur de cette exposition, Yayus crée, le style, « la baguette », des figurines sans visage ni mains et pieds. « A l’issue j’ai reçu les félicitations du directeur de l’institut car j’ai vendu plus les 2/3 de mes œuvres, chose assez rare en de pareille circonstance », a confié Yayus. Par la suite l’artiste peintre exposera au royaume chérifien avec en plus un autre style dénommé le « réel composé qui se traduit par la présence sur le même tableau des traits de réalité entrecoupés d’empreintes de délire », a-t-il expliqué. Pour ses encadrés, Yayus est un artiste quicrée et pour ce faire il utilise des pigments autour de lui tels que le coton, le tissu, la peinture, le fer etc…Rien ne vient d’ailleurs.

Un style car il verra un de ses tableaux acheté par le couple présidentiel Kaboré lors du marché des arts en 2017.

Leaders et soucieux de l’épanouissement des artistes, Yayus déplore le nouveau format du marché des arts qui ne permet pas selon lui, à l’artiste de s’exprimer, faute d’existence d’une galerie. Il plaide aussi pour un suivi technique à l’égard des artistes lauréats de la SNC et une attention particulière des décideurs à l’endroit de la Confédération nationale de la culture (CNC), car d’après lui leur secteur souffre énormément. Aussi, Yayus propose, une saine promotion des artistes plasticiens et l’existence de rapports efficients entre les artistes et des galeries à travers le monde. toute chose qui seront possibles selon lui par l’application de la loi 1% artistique adoptée en 2017. Et la tenue de la 3ième édition du mécanisme d’acquisition des œuvres d’art plastique, une initiative créée par le gouvernement qui vient soutenir les artistes dans leurs créations et les aide à se stabiliser. Soucieux d’une bonne relève, Yayus s’est lancé dans la dynamique de la formation qu’il a initié dans son studioYayus Art et Service situé sur la rue Nelson Mandela au secteur 15, quartier Ouezzin ville de Bobo-Dioulasso, à l’intention des jeunes de 6 à 15 ans. En attendant la réaloisationde son vieux pieu qui est celui de la construction d’un centre digne de ce nom qui va lui permettre de mettre son art au service des autres.

                                                                                           M’Tinda Béogo