Comme à l’accoutumée et à chaque édition, celle le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) de 2025, n’a pas dérogé à la règle. En effet, au lendemain du clap de départ de cette 29e édition du FESPACO, nous avons assisté à la tenue effective de la cérémonie de libation. Cette cérémonie consacrant un hommage aux acteurs du cinéma décédés, s’est tenue le 23 février 2025, à la place des cinéastes de Ouagadougou. Elle est matérialisée par une marche main dans la main et à la ronde autour du rond-point des cinéastes et ce à 7 fois le tour. En cette matinée de dimanche 23 février, des acteurs du monde du cinéma avec à leur tête le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme Pingdwendé Gilbert Ouédraogo ont produit dans une atmosphère bon enfant et empreinte de convivialité cette marche. Sur une place des cinéastes décorée à cet effet, avec des portraits des cinéastes défunts ornant le rond-point sans oublier la colonne des statues affichant des allures de soirée de noce. De la part du ministre en charge de la culture, ce moment d’hommage replonge les regards, les réflexions dans cette sphère de la diversité culturelle africaine afin d’en tirer le substrat. « La cérémonie de libation nous interpelle sur le travail combien estimable de nos devanciers pour le rayonnement culturel de l’Afrique et de son épanouissement socioéconomique », a soutenu Gilbert Ouédraogo. Quant au représentant du secrétaire général de la Fédération panafricaine du cinéma, (FEPACI), Aboubacar Sanogo, il a souligné que ceux qui nous ont précédé ont rêvé d’une Afrique meilleure et debout et à travers leurs caméras ils ont donné des formes à cette Afrique et c’est à leur nom que nous sommes là ce matin à l’occasion de cette 29e édition. Il a rappelé que cette exceptionnelle place des cinéastes a été le don du peuple et du gouvernement burkinabè avec à leur tête le camarade Thomas Sankara. Cette place des cinéastes selon Aboubacar Sanogo s’est imposée aux cinéastes et à leurs aînés dont Sembène, Vieira, Cheria entre autres. « Depuis 1987 la tradition de la libation s’est imposée au fil des éditions afin de rendre hommage à ceux qui nous ont quitté », a expliqué Sanogo. A cet effet un hommage particulier est rendu à Paulin Soumano Vieira, dont les cinéastes fêtent le centenaire de sa naissance. Il est selon le représentant du sg de la FEPACI, l’un des pères fondateurs du cinéma africain. En effet, « Paulin Soumano Vieira a été l’un des premiers réalisateurs, historiens, critique de ce cinéma africain » a détaillé M. Sanogo. A entendre ce dernier, on connait une grande partie de l’histoire du cinéma africain à travers les œuvres, les écrits et les films de Vieira qui a pu documenter la décolonisation de notre continent. Il a aussi, a-t-il ajouté fournir des documents sur la naissance et du continent à travers des films qui rendaient compte des premières luttes et des indépendances africaines.


José Marie
