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Le Diim Koom ou la boisson royale, comme l’indique son nom en mooré, est concoctée avec des mets locaux.  Elle est faite à base de la farine de mil torréfié, du miel, de l’eau et bien d’autres ingrédients. L’originalité de cette boisson et sa particularité lui ont permis de décrocher le Grand prix national des arts et des lettres (GPNAL), lors de la 20ième édition de la Semaine nationale de la culture, SNC Bobo 2023.

Fruit de l’ingéniosité des femmes de Baskouré, une commune de la province de Kouritenga, douce, au sucre naturel et à la saveur des jus tropicaux, Diim Koom se boit avec délices et est appréciable à tous les âges. Dénommée Diim Koom ou la boisson royale, elle est produite à base de mets locaux. « Pour la production de Diim Koom nous utilisons de la farine de petit mil torréfié, de sésame, du miel, de bien d’autres ingrédients et naturellement de l’eau », a révélé Alphonsine Téwendé Yougbaré, élève de la classe de terminale venue promotrice de la boisson et compétitrice dans la catégorie art culinaire/Boisson à l’occasion de la 20ième édition de la Semaine nationale de la culture, SNC Bobo 2023.Et, Diim Koom remporte le Grand prix national des arts et des lettres (GPNAL) à cette 20ième édition de la SNC. « Sacrée lauréate pour une toute première participation, j’en suis fière et bien heureuse pour tout le sacrifice consenti et l’honneur qui revient à notre commune », a déclaré Alphonsine. Pour le Directeur provincial en charge de la culture du Kouritenga,Amédé Wendlasida Silga, ce premier prix fait la fierté de toute la province et d’après lui, la lauréate a plus d’ingéniosité et n’a pas encore dit son dernier mot. « J’ai appris à produire le Diim Koom auprès de ma maman, Khorogho Victorine qui l’a aussi apprises auprès de sa mère et en ce moment j’ai 2 recettes à mettre en production », a confié la productrice. De la part de l’assistant culturel communal Roland Ouedraogo, le « Diim koom est beaucoup apprécié, elle reste une commande régulière de la commune et arriver à décrocher le premier prix à l’occasion de cette prestigieuse cérémonie nationale est comme une reconnaissance d’un pan de la culture de notre terroir, une distinction au savoir-faire de nos mères ». Ce sacre est d’après lui l’expression de la vitalité de la culture dans la commune. En plus du facteur social et alimentaire que joue cette boisson, elle a aussi des vertus thérapeutiques. D’après la promotrice, Diim Koom est utilisée à des fins sacrificielles lors des rituels et elle est aussi conseillée aux nouvelles mères qui manquent de lait pour leurs nourrissons. 

Cependant, si des efforts tant du côté des particuliers que des institutions publiques sont menés pour une valorisation de la culture de la commune, l’assistant culturel relève cependant des préoccupations en plus du manque de ressources. Aussi, demande-t-il aux uns et aux autres à mettre de la volonté pour un essor de ce produit culturel de la commune. C’est tout le souhait de la lauréate. « Ma préoccupation actuelle est que diim Koom soit la principale boisson lors des cérémonies et nous menons la réflexion pour son conditionnement dans des bouteilles », a indiqué mlle Yougbaré. 

                                                                                         Rémi ZOERINGRE