Le faso au monde
Dans le but de disposer d’informations claires, structurées et réalistes sur leur parcours et sur les responsabilités liées aux sciences biomédicales, l’Association des étudiants en Biologie médicale de l’université Saint Thomas d’Aquin (AEBM/USTA), a organisé le samedi 24 janvier 2026, la 3e édition de leur […]
Appelées balafres par certains, ces incisions faites sur le visage et sur d’autres parties du corps humain en plus d’être des caractères d’une identité culturelle, peuvent jouent aussi un rôle thérapeutique et esthétique. A l’image du visage de cette de femme aussi rare de nos […]
Mille motsAppelées balafres par certains, ces incisions faites sur le visage et sur d’autres parties du corps humain en plus d’être des caractères d’une identité culturelle, peuvent jouent aussi un rôle thérapeutique et esthétique. A l’image du visage de cette de femme aussi rare de nos jours arborant sa scarification ethnique. « Musée vivant », ce visage expose une des facettes de la culture Gurunsi que l’on retrouve dans la province des Balé.

Un colloque pour une meilleure image du pays Le département d’Histoire et Archéologie de l’Université Joseph KI-ZERBO et l’Association des Historiens du Burkina organisent un colloque international afin de trouver une solution aux maux que vit le Burkina Faso. L’annonce a été faite au cours […]
ReportageLe département d’Histoire et Archéologie de l’Université Joseph KI-ZERBO et l’Association des Historiens du Burkina organisent un colloque international afin de trouver une solution aux maux que vit le Burkina Faso. L’annonce a été faite au cours d’une conférence de presse tenue le 15 novembre 2022 à Ouagadougou.

Au regard du contexte actuel que vit le Burkina Faso, la question de son image sur le plan international se pose avec acuité. Dans l’intention d’en trouver la panacée à ces difficultés le département d’Histoire et Archéologie de l’Université Joseph KI-ZERBO ainsi que l’Association des Historiens du Burkina ont initié d’organiser un colloque sous le thème : « Le Burkina Faso en Afrique et dans le monde », du 23 au 25 novembre 2022, à Ouagadougou. C’était au cours d’une conférence de presse que l’information a été donnée par le comité d’organisation composé du Directeur du département, le Pr Moussa Willy BANTENGA, Président du comité d’organisation assisté du 1er vice-président, le Pr Issa CISSE, du 2ième vice-président, le Pr Yacouba ZERBO (Président de l’Association des Historiens du Burkina Faso) et du 3ième vice-président, leDr Yacouba OUEDRAOGO. « Cette rencontre scientifique permettra ainsi d’appréhender les données administratives, politiques, culturelles, économiques, sociales, environnementales, toutes aussi importantes pour connaître une meilleure connaissance du pays », a souligné le Directeur du département, le Pr Moussa Willy BANTENGA, le Président du comité d’organisation. Il a insisté que ce colloque vise, entre autres, la mise en exergue de la riche histoire du Burkina. Pour ce faire, Il a expliqué que cette rencontre sera articulée sur dix sous-thèmes dont, le Burkina Faso précolonial, le Burkina Faso colonial, le Burkina Faso postcolonial, le Burkina Faso dans les institutions continentales et internationales, la politique culturelle, la mobilité humaine et intégration, le dynamisme culturel et religieux, la démographie, les villes et campagnes et enfin la gouvernance politique et économique au Burkina Faso. 98 communications venant de diverses pays ( le Cameroun, le Canada, la Côte d’Ivoire, la France, la Guinée Conakry, le Togo, et le Burkina Faso) selon le comité d’organisation seront livrées. D’après le comité, les communications retenues feront l’objet de publication d’un ouvrage dénommé, les actes du colloque. Il a fait part de la présence d’un comité scientifique international composé de dix nationalités (l’Allemagne, le Benin, le Canada, la Côte d’Ivoire, les Etats-Unis d’Amérique, la France, le Mali, le Niger, le Togo et le Burkina Faso). D’après le président, les amphis Bakary Coulibaly et Claude Somda et la salle 401 pour la visioconférence, tous au sein de l’université joseph Ki-Zerbo sont retenues pour les différents travaux de la rencontre. Selon lui tout est fin prêt pour la tenue du colloque et il invite le public burkinabè a prendre part à cette rencontre internationale pour une meilleure connaissance de la patrie.
José Marie
Le blé et le wara en phase de distinction Les Djalsado et les Sama respectivement plus connus sous les appellations Blé et Wara sont des communautés minoritaires vivant dans la région des Cascades, précisément à Blédougou, à Kinkinkan et à Niansogoni dans la commune de […]
Educt-cultureLes Djalsado et les Sama respectivement plus connus sous les appellations Blé et Wara sont des communautés minoritaires vivant dans la région des Cascades, précisément à Blédougou, à Kinkinkan et à Niansogoni dans la commune de Loumana, (province du Sindou). Jadis stables, ces communautés originaires du Mandingue se distinguaient par leur langue et affichaient fièrement un comportement social marqué par le repli sur soi. Depuis, du fait de l’évolution sociale, les données ont changé et ces communautés semblent partager un destin commun. Celui de l’éventuelle disparition de leur langue et par conséquent d’un abandon progressif de leur culture. Bien de raisons font constater cette décadence linguistique et culturelle. Dans le but d’en comprendre davantage Philandas.com est allé à la rencontre de ces communautés.
A Blédougou et à Kinkinkan, dans la commune de Loumana (province du Sindou), on retrouve les Djalsado communément appelés Blé. Et les Sama connus sous l’appellation Wara sont eux, installés à Timba et à Niansogoni, dans la même commune, à la frontière avec le Mali. Selon le professeur Mamadou Lamine Sanogo, directeur de recherche en sociolinguistique à l’Institut des Sciences des Société (INSS), les Wara appartiennent à une communauté linguistique comportant deux sous-groupes, les Samoué et les Samkouné. « Ceux sont des communautés minoritaires dont les ancêtres seraient venus du Mandingue, elles avaient un même comportement social, c’est-à-dire qu’elles n’entretenaient pas de relations avec les autres communautés, elles vivaient sous le régime de l’autarcie, aussi pratiquaient-elles l’endogamie », a révélé le professeur. Autrefois stables, ces deux communautés de nos jours, vivent sous la menace de la disparition de leurs entités culturelles ancestrales, notamment, la langue et la culture. « Une langue, par sa définition traditionnelle, est un système de signes. Et qui dit système dit un ensemble cohérent de structures », explique le Professeur avant d’ajouter que ces structures bien que cohérentes pourraient pour diverses raisons, perdurer, prendre de l’importance ou s’altérer. C’est selon lui, ce qui a conduit des linguistiques à soutenir que l’histoire des langues est le versant linguistique de l’histoire des communautés. En d’autres termes une langue n’a pas une mécanique propre à elle qui lui permet de s’imposer ou pas, mais ce sont les évènements sociohistoriques de la communauté qui l’impactent positivement ou négativement.
Ainsi, au fil du temps un changement socioculturel s’est opéré au sein de ces communautés. Habitués à vivre sur une montagne, les Wara vont changer de cadre de vie. En effet sous la directive d’un prêtre, ils vont à partir de 1974 descendre sur la terre plaine abandonnant du coup la montagne troglodyte. Cette étape décisive de leur histoire, marque en même temps, l’ouverture de leur communauté aux autres. Une ouverture communautaire aussi amorcée par les Blé. C’est ainsi qu’au contact du djioula, la langue véhiculaire du grand Ouest du Burkina, le langage parlé de ces deux communautés subira une évolution. De l’avis du professeur Mamadou Lamine Sanogo, l’économie est le premier des facteurs qui va inciter ce changement d’attitude socioculturel. « Les plus grands marchés proches de ces communautés sont celui de Baguera et de Sindou où la langue de diffusion est le djioula mieux que le sénoufo. Ensuite, il y a le fait que des Blé et des Wara, pour des travaux saisonniers, vont au Mali ou en Côte d’Ivoire où le djioula reste la langue véhiculaire. C’est donc cette langue, le djioula qui les ouvre plus au monde », argue Mamadou Lamine Sanogo. En outre, pour le chef du village de Blédougou, Souleymane Traoré, l’introduction du djioula est aussi la conséquence des nouveaux liens tissés avec les autres communautés. « Dans nos familles, nous avons maintenant des épouses issues de familles non blé et ces dernières, ne comprenant pas forcément notre langue, elles parlent couramment la langue véhiculaire, le djioula avec nos enfants », informe-t-il avant de souligner le facteur de l’école. « Nos enfants partaient à l’école à Kangora, une localité djioulaphone où, la langue véhiculaire est aussi le djoula. Ces derniers, une fois de retour au village transmettent ainsi de suite cette langue à leurs frères et sœurs »,poursuit M. Traoré. Sur la même lancée, l’ancien conseiller du village de Niansogoni, Sétafa Traoré, soutient que le djioula est le canal le plus commode et utile au sein du dispensaire, une structure incontournable de la communauté. « Tous les ingrédients sont réunis pour qu’ils ne puissent plus vivre entre eux, en autarcie », indique le professeur Sanogo.Reconnaissantque le degré de menace n’a pas encore atteint celui d’autres comme la langue tchiéfo, le professeur relève cependant, des indices attestant la menace des langues blé et wara. C’est en l’occurrence le bilinguisme précoce des enfants. C’est-à-dire que ces derniers apprennent aussi bien à parler le blé que le djoula, si bien que dans les familles actuellement le discours est devenu bilingue : blé-djioula, avec une prépondérance du djioula. Aussi, parler le djioula dans les ménages blé tout comme wara est devenu quelque chose d’habituel. « Il n’y a pas beaucoup d’aisance chez les jeunes de Blédougou à parler leur langue sans y mettre un peu de mots djioula ou français », précise le chercheur. Un constat aussi avéré à Niansogoni. Selon Mamadou Lamine Sanogo, cette situation s’explique par le fait que les différentes activités entretenues entre les Blé et les autres communautés se tiennent essentiellement sur la base du support linguistique djioula.Cette langue véhiculaire de l’Ouest du Burkina, exerce une pression linguistique sur les communautés qui y vivent ; et elles sont obligées de l’apprendre ne serait-ce que pour vivre au quotidien. De ce fait elles ne peuvent pas se passer du djioula. D’après Lamine Sanogo, l’influence du djioula peut aussi s’expliquer de façon naturelle. Selon lui, plus une zone est divisée de façon linguistique c’est-à-dire fragmentée, il se produit un recul des petites langues du point de vue numérique au dépend du dynamisme de la langue véhiculaire. En outre, la puissance d’une langue s’explique par le dynamisme de sa communauté d’origine. En effet, la communauté djioula a dominé le commerce transsaharien et l’histoire raconte qu’elle a été le berceau d’entités politiques comme le royaume Kong entre le 18e et 19e siècle sans oublier l’influence politico-militaire de Samory Touré dont le support linguistique était le djioula ou à tout le moins le bambara.
La langue porte des charges culturelles dit-on. Aussi par le truchement de l’utilisation de la langue djioula, des habitudes djioulaphones ont imprégné les mœurs blé et wara. De sorte que de nos jours, toutes les communautés qui interdisaient l’usage du djioula dans leurs rites coutumiers ne sont plus intransigeants sur le sujet car elles s’en accommodent. « Nous assistons, en effet, à la perte de certaines valeurs et pratiques culturelles due à la conversion des uns et des autres dans les religions dites révélées notamment l’Islam qui est porté par le djioula dans cette partie du pays », laisse entendre Salia K. Traoré, chef du village de Niansogoni. En effet, ce dernier regrette que le « Koutama », ou l’hommage aux morts et le « Kogonou », la danse funéraire soient les seules cérémonies traditionnelles qui se tiennent toujours. Partageant le même avis, Bogona Ouattara, chef du village de Kinkinkan, loue la pérennisation du «Soula », seule activité traditionnelle rendant hommage aux femmes de Blédougou et de Kinkinkan. Cependant, il manifeste son mécontentement face à l’abandon du « Tinkèra » ou l’initiation, une de leur richesse culturelle. A la date d’aujourd’hui, le Blé, par exemple, selon le professeur, est la principale référence identitaire ancestrale de la communauté blé, il a, depuis lors cessé d’être leur référence identitaire essentielle.
« A l’image de milliers de langues à travers le monde, le blé et le wara ont amorcé leur disparition ; ce cas n’est pas isolé et ne sera pas non plus le dernier », atteste l’enseignant-chercheur. Les langues sont des traits de civilisation et comme le dit le philosophe, les civilisations sont mortelles. Cependant, « si ton âne meurt il ne faut pas perdre aussi la queue dit l’adage, en d’autres termes faisons en sorte que nous ne puissions pas perdre tout le pan culturel que porte ces langues », conseille le professeur. Pour ce dernier, le blé et le wara n’appartiennent pas aux communautés qui les parlent, encore moins aux seuls burkinabè. Elles appartiennent au patrimoine mondial de l’humanité. Chaque langue du monde porte une partie de la richesse culturelle et elle joue un enjeu économique. C’est à ce titre, qu’il est du devoir des humains de les sauver pour les générations à venir. C’est dans cette optique que l’enseignant-chercheur propose la production de dictionnaires, de lexiques, d’ouvrages qui puissent recueillir des corpus de ces langues menacées de disparaître. Ce sont, précise-t-il, des travaux de conservation et de références qui survivent à l’homme et l’exemple de l’enregistrement de chansons, de causeries ou de discours sont aussi un mode de conservation à portée de main. Cependant, Lamine Sanogo instruit que ces travaux ne devront pas être des sauvegardes muséographiques comme le disait Joseph Ki-Zerbo, mais dans un processus d’utilité aussi générale que particulière.La langue marque une identité culturelle, elle est également un gage de souveraineté. Aussi, Mamadou Lamine encourage toutes les initiatives de promotion de nos langues à savoir apprendre à bien les parler et à les écrire. Une donne que la jeune génération blé a prise en compte. En effet, selon l’imam de Kinkinkan, Béma Ouattara, les jeunes ont initié un espace de communication essentiellement blé entre ceux du village et leurs ressortissants dans le monde entier à travers les réseaux sociaux. « Une initiative qui participe déjà à sauver l’essentiel », dira-t-il.
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