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L’expression plurielle de la culture est une réalité à l’occasion de la Semaine nationale de la culture (SNC). Et la 21ie de la SNC Bobo 2024 ne déroge pas à la règle. Et le village des communautés mis en place à l’occasion de cette édition regorge plus d’une quarantaine de communautés étrangères et burkinabè. Dont on trouve la communauté Djan. Venus du Ghana au XVIIIie siècle, en 1770, on les rencontre d’après Sié Edourd Kam, le représentant de la communauté, dans les localités de Diébougou,  de Dolo, de Solodjigui, de Bondigui (région du Sud-Ouest) entre autres.

Sié Edouard Kam : « la SNC est un sous l’arbre à palabre, elle est une rencontre générationnelle et nous donne l’occasion de transmettre le savoir à la jeune génération »

Aussi, dans leur stand logé dans le village des communautés, de nombreux objets traditionnels, culturels et d’arts à valeurs de pièces de musée y sont exposés. Avec fierté, monsieur Kam nous parle du « Taon », un outil conçu à base de liane et de cordons à peau de gros ruminant. Jouant un double rôle social dans la communauté Djan, il affiche l’image d’une figure géométrique, un carré rallongé de demi-cercles sur ses 4 côtés dont opposés en position convers.

A vue d’œil, il donne l’image d’un harnais. Témoin de civilisation, joui d’une double valeur sociale chez les Djan. En effet, « l’un de ses rôles est d’être utilisé comme un moyen de transport de bois de chauffe et l’autre rôle est qu’il intervient dans le processus de détermination de la cause réelle de la mort d’un des leur », a révélé le représentant de la communauté. Pour lui, il est une pièce maîtresse de l’exécution du rituel des morts.

Dans le stand des Djan, de nombreux objets traditionnels, culturels et d’arts à valeurs de pièces à musée y sont exposés

C’est ainsi qu’il affirme que la SNC est une tribune qui leur permet et sans doute à d’autre communautés aussi de parler de leur patrimoine culturelle. Car d’après lui cet objet, même s’il est toujours utilisé pour le rituel des morts, tant à être méconnu à cause des moyens de transport modernes aussi bien que le « Nahoun », la meule qui est remplacée par le moulin. « Bien de choses ancestrales sont à communiquer à la jeune génération et la SNC en est un canal », a-t-il dit. La biennale de la culture reste pour lui une rencontre culturelle très importante car elle permet aux différentes cultures de se brasser, et offre une tribune de partage de connaissances. « La SNC est un sous l’arbre à palabre, elle est une rencontre générationnelle et nous donne l’occasion de transmettre le savoir à la jeune génération », a-t-il souligné.

                                                                                             José Marie